Les sardinières en peinture – partie 2

Si les peintres du XIXe siècle ont été nombreux à représenter les mutations industrielles ayant marqué la société de leur temps, peu d’entre eux se sont penché sur le travail industriel féminin le plus précaire et sous payé de l’époque à l’échelle nationale. Les artistes que nous présentons dans cette chronique dominicale hebdomadaire méritent de ce fait toute notre attention.

Le deuxième tableau recensé sur la thématique des ouvrières de conserverie est celui du peintre breton Alfred Guillou (1844 – 1926). Comme le décrit le musée de beaux-arts de Quimper, qui dispose de plusieurs œuvres de l’artiste, le peintre est « viscéralement un homme de la mer ». Né dans la cité portuaire de Concarneau (Finistère sud) d’un père marin et propriétaire de bateaux, l’artiste passe ses jeunes années en tant que mousse à bord des navires paternels. C’est sur les quais de son port natal qu’il fera la rencontre de l’artiste Eugène Isabey dans les années 1850. Selon la petite anecdote que nous livre Caroline Legrand dans un article pour la gazette Drouot, c’est en portant le chevalet d’Isabey du quai à l’hôtel que le jeune Guillou aurait trouvé sa vocation. La décennie suivante, il fait une nouvelle rencontre déterminante, avec le lithographe Théodore Lemonnier, auprès duquel il prend ses premières leçons de dessin.

C’est sur les conseils de Lemonnier, qu’Alfred Guillou part s’installer à Paris en 1862. Dans la capitale, il fréquente un temps l’Académie Suisse, puis poursuit sa formation à l’atelier d’Alexandre Cabanel. C’est là-bas qu’il fait la connaissance d’Henri Regnault, de Jules Bastien-Lepage, Fernand Cormon et celui qui deviendra son ami inséparable et son futur beau-frère, Théophile Deyrolle. A Paris, Guillou se lasse rapidement de la grande peinture et délaisse les sujets mythologiques au profit de représentations de sa Bretagne natale. Il expose pour la première fois au Salon en 1868 où il présente son œuvre « Jeune pêcheur breton ». Par la suite, il expose régulièrement ses œuvres au Salon où les sujets bretons, synonymes d’exotisme folklorique pour les Parisiens, rencontrent un grand succès. Comme le formule si justement, Francis Dupont, dans un article pour le journal Le Télégramme de Brest et de l’Ouest de 2017 : « Alfred Guillou couche sur ses toiles des scènes de vie quotidienne et séduit par l’authenticité et le réalisme de son trait. »[1].

Proche de la peinture naturaliste, il puise dans la vie quotidienne de sa ville natale ses sujets de prédilection. Il travaille souvent sur de grands formats, à l’image du tableau Débarquement du thon à Concarneau (1902, musée d’Art et d’Histoire de Saint-Brieuc). Ainsi, comme le mentionne également Caroline Legrand : « Alfred Guillou offre à ces tranches de vie une impressionnante monumentalité, rompant la frontière entre la scène de genre et la peinture historique. ».

Théophile Deyrolle, Portrait du peintre Alfred Guillou, 1901, huile sur toile, 129.5 x 91 cm, musée des beaux arts de Quimper
Théophile Deyrolle, Portrait du peintre Alfred Guillou, 1901, huile sur toile, 129.5 x 91 cm, musée des beaux arts de Quimper
Alfred Guillou, Débarquement du thon à Concarneau, 1906, huile sur toile, 136 x 106 cm, musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc
Alfred Guillou, Débarquement du thon à Concarneau, 1906, huile sur toile, 136 x 106 cm, musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc
Alfred Guillou, Femmes de pêcheurs de Pont-Aven, huile sur toile, 66,3 x 97 cm, collection particulière
Alfred Guillou, Femmes de pêcheurs de Pont-Aven, huile sur toile, 66,3 x 97 cm, collection particulière
Alfred Guillou, Adieu !, 1892, huile sur toile, 170 x 245 cm, Musée des beaux-arts de Quimper
Alfred Guillou, Adieu !, 1892, huile sur toile, 170 x 245 cm, Musée des beaux-arts de Quimper
Alfred Guillou, La ramasseuse de goémon, 1899, huile sur toile, musée des Jacobains de Morlaix
Alfred Guillou, La ramasseuse de goémon, 1899, huile sur toile, musée des Jacobains de Morlaix

Arès neuf années passées dans la capitale, l’artiste retourne s’installer en 1871 dans sa ville natale. Avec son ami Théophile Deyrolle, il fonde une colonie d’artistes à Concarneau sur le même modèle que celle établie à Pont-Aven par Paul Gauguin, tout en défendant un courant artistique très différent (réalisme pour la colonie de Concarneau contre synthétisme pour la colonie de Pont-Aven). Cette colonie artistique concarnoise a exercé une influence notoire sur de nombreux artistes pour qui les mœurs et les traditions séculaires du peuple breton représentaient une forme de primitivisme. Elle fit la célébrité de Concarneau jusqu’au milieu du XXe siècle. Ses peintres mirent en valeur la vie quotidienne des pêcheurs et des ouvrières de cet important port du Finistère spécialisé dans la sardine et le thon.

Alfred Guillou, Les Sardinières de Concarneau, 1896, huile sur toile, 151 x 221 cm, musée des beaux-arts de Quimper
Alfred Guillou, Les Sardinières de Concarneau, 1896, huile sur toile, 151 x 221 cm, musée des beaux-arts de Quimper

La renommée de l’artiste s’étend jusqu’à la sphère politique. C’est ainsi que l’Etat fait l’acquisition d’une œuvre très célèbre de l’artiste, le tableau « Adieu ! » présenté au Salon de 1892. L’œuvre est ensuite exposée à l’Exposition Universelle de 1900 où elle obtient une médaille. Elle est actuellement en dépôt au musée des beaux-arts de Quimper. L’établissement accueille également au sein de ses collections l’œuvre qui nous intéresse tout particulièrement au musée de la conserverie : Les Sardinières de Concarneau (1896). Dans ce tableau l’artiste livre une représentation toute en légèreté, presque idéalisée, du quotidien des ouvrières de conserverie. Ces dernières se promènent bras dessus, bras dessous sur le quai du port de Concarneau, leur tablier volant au rythme de leurs pas cadencés. A la différence du tableau de Peder Kroyer étudié dans le précédent article, les femmes mises en avant au premier plan de cette toile portent la coiffe du dimanche du Giz Fouën (« mode de Fouesnant »). L’historien Jean-Pierre Gonidec, grand spécialiste des costumes bretons, nous livre dans un article pour le blog du magazine Geo, un très beau résumer de la symbolique de cette coiffe :

« Elle dévoilait un peu de la nuque et des cheveux. Une révolution dans l’ancien évêché de Cornouaille qui demandait aux femmes de cacher leur chevelure. Elancée comme les flèches d’une cathédrale, la coiffe de Fouesnant est une imposante construction (…) Les six éléments qui la composaient étaient soutenus par un bonnet de coton très amidonné, où venaient s’enrouler les ailes et les brides devenues décoratives mais qui, dans les modes anciennes, se nouaient sous le menton. Le positionnement des ailes dominant l’ensemble était différent d’une commune à l’autre dans le Pays de l’Aven. L’imposante collerette, au plissage très complexe, complétait la parure du dimanche, mettant en valeur le visage de celle qui l’arborait. »

Le spectateur connaisseur, dont le regard affuté se posera plus longuement sur la toile, pourra discerner d’autres coiffes, à l’image de la fameuse « Penn sardin ». Celles qui les arborent sont ici reléguées dans le coin droit du tableau, assises sur le bord du quai. Une autre coiffe est également présente sur cette toile et vient d’encore plus loin que le pays de Douarnenez. Il s’agit de la coiffe du pays Pagan, situé sur la côte nord-ouest du Finistère, au-dessus de Brest. Le spécialiste Jean-Pierre Gonidec nous en livre la description suivante :

« Elle est souvent reconnaissable par la grande coiffe de cérémonie au volume important. Pourtant, c’est aussi l’un des rares terroirs où la coiffe de travail en coton est colorée. Portée pour les travaux des champs, elle était bleue avec des pois blancs présentant deux petites ailettes à la base de chaque côté, tandis qu’en partie haute deux coins plissés dits « oreilles de chats » se relevaient. Ce modèle de coiffe existait aussi en tulle blanc pour les petits dimanches, où le petit châle du quotidien laissait la place un autre très couvrant orné de franges. »

Sur la toile d’Alfred Guillou, la coiffe du pays de Pagan est portée par un personnage au second plan. La femme en question se tient de dos. Elle se dirige vers le bout du quai où se tient la débarque des sardines. Elle porte la coiffe du dimanche dotée d’un ruban bleu à pois blancs ainsi que le châle blanc couvrant orné de franges. Par la diversité des coiffes présentes sur cette toile, l’artiste retranscrit l’importance de son port natal qui attire des travailleuses de tout le Finistère.

Changement d’horaires cet automne

Les horaires d’ouverture du musée vont changer à compter du samedi 1er octobre. Tous au long du mois d’octobre, et jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint, l’établissement sera ouvert à la visite en autonomie du mardi au samedi, de 14h00 à 17h00. Les visites guidées seront dispensées uniquement auprès de groupes de plus de 12 personnes (scolaires, associations, résidents d’Ehpad, groupes de retraités,…etc) du mercredi au samedi, entre 10h00 et 12h00.
⚠Rappel : à partir du 1er octobre
➡Visite en autonomie : du mardi au samedi, entre 14h00 🕑 et 17h00 🕔
➡Visite guidée [sur inscription préalable pour des groupes de 12 personnes et plus] : le mardi, mercredi, vendredi et samedi matin, entre 10h00 🕙 et 12h00 🕛
⚠ Le musée sera par ailleurs fermé au tout public le mardi 4 et jeudi 6 octobre, dans le cadre d’animations réservées aux aînés sur la semaine bleue.
Les horaires seront susceptibles d’évoluer. Pensez à suivre la page Facebook du musée où les actualités sont postées le plus fréquemment et rapidement. Merci de votre compréhension.

Des chauves-souris à la conserverie

En ce weekend des journées européennes du patrimoine 2022 placé sous le thème du « Patrimoine Durable » et des défis auxquels le secteur est confronté au regard du changement climatique et de la dégradation accélérée de l’environnement, nous tenions à vous partager une initiative de la mairie de Loctudy ayant visé à maintenir la biodiversité au sein de la conserverie dans le cadre du chantier muséal.

C’est un fait peu connu de l’histoire de la conserverie de Loctudy. Avant les travaux de restauration de l’usine à l’automne 2019, le bâtiment abritait une colonie d’une petite quinzaine de chauves-souris (Grand Rhinolophe). Ces dernières avaient élu domicile dans la cave de l’usine par laquelle elles accédaient au moyen d’un trou dans la toiture de l’usine, à l’époque fortement dégradée.

Conserverie de Loctudy avant restauration en 2019
Colonie de chauves souris de la cave de la conserverie en 2019
Grand Rhinolophe dans la cave de la conserverie de Loctudy en 2019

Au cours de la première phase de consultation des entreprises, dans le cadre des appels d’offre publics ayant trait au projet de restauration du bâtiment, l’ancien élu aux finances en charge du projet, Jean Laouénan, avait découvert la présence de chauves-souris dans la cave de l’usine. Il avait par la suite sollicité Jean-Jacques Chever, membre actif de l’association Loctudy ornithologie ainsi que Christian Lioto de la section Finistère du Groupement mammologique de Bretagne (CMB) afin de faire le point sur l’avenir de la colonie au sein de la conserverie dans le cadre du projet muséal.

Protégée en France depuis 1981, le Grand rhinolophe est inscrit à la Directive européenne Faune-Flore, dite « Directive Habitats ». C’est pourquoi l’équipe municipale a pris la décision de prendre en compte la présence de cette colonie dans l’agencement du futur musée, alliant ainsi préservation du patrimoine bâti avec sauvegarde du patrimoine naturel. Cette intégration des enjeux d’habitat de la colonie de chauve-souris dans les travaux de restauration de l’usine s’est manifestée de plusieurs manières.

D’un point de vue scénographique, il fut décidé que la cave ne serait pas intégrée à l’espace rendu accessible au public dans le cadre de la visite, afin de préserver la tranquillité de la colonie. En revanche, une réflexion sur la mise en lumière auprès du grand public de la présence de cette colonie fut mise sur pied. L’équipe plancha notamment sur la mise en place d’un dispositif vidéo dans la cave avec un système de retransmission en direct visible dans l’espace muséal, afin que les visiteurs puissent observer à bonne distance le quotidien de la colonie.

Cave condamnée de l'usine
Soupirail désengorgé pour les chauves-souris
Trappe d'accès vers le gîte de nidification sous la toiture

D’un point de vue technique, il fallut résoudre un souci de taille. Avant travaux, les chauves-souris accédaient à la cave de l’usine par le biais d’un trou dans la toiture. Dans le cadre de la restauration de la toiture, il fallut donc penser à un nouvel accès de la colonie à son habitat. Le soupirail situé en partie inférieure de la façade est du bâtiment, et donnant directement sur la cave, fut donc désengorgé afin de leur offrir un nouvel accès extérieur.

D’un point de vue proactif, l’équipe municipale a pris en compte les conseils de Christian Lioto de la section Finistère du Groupement mammologique de Bretagne (CMB) visant à installer une nursery (ou gîte de reproduction) sous la toiture de la 4e travée de l’usine afin de favoriser la nidification de différentes espèces (hirondelles notamment). Les travaux envisagés portaient sur un traitement des ouvertures existantes afin d’éviter la pénétration de prédateurs. La fenêtre de la 4e travée de l’usine côté Est fut ainsi dotée d’une ouverture adaptée.

Dans un souci de prévention, l’équipe municipale en concertation avec les entreprises mobilisées sur le chantier, s’est également assurée que les matériaux utilisés pour restaurer la toiture et la charpente du grenier de l’usine, ne contenaient aucuns produits nocifs de traitement. La pose de nichoirs à hirondelles ainsi que de gîtes en bois et de briques plâtrières pour faciliter l’implantation d’autres espèces de chiroptères, fut envisagée en concertation avec l’association Loctudy ornithologie.

Sources : compte rendu de Christian Lioto du GMB du Finistère suite à sa visite de la conserverie en 2019 et article du Télégramme rédigé quelques mois plus tard.

Journées européennes du patrimoine 2022

A l’occasion des journées européennes du patrimoine 2022, le musée vous accueille gratuitement le weekend du 17-18 septembre, de 9h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00. Des animations gratuites sont prévues au sein de l’établissement sur ces deux journées. Certaines d’entre elles sont sur réservation par téléphone au 02.98.98.83.99. Vous pouvez également consulter le programme de Loctudy sur ce weekend particulier via le pdf ci-dessous.

Les sardinières en peinture – partie 1

Si les peintres du XIXe siècle ont été nombreux à représenter les mutations industrielles ayant marqué la société de leur temps, peu d’entre eux se sont penchés sur le travail industriel féminin le plus précaire et sous payé de l’époque à l’échelle nationale. Les cinq artistes que nous présentons dans cette chronique dominicale méritent de ce fait toute notre attention.

L’œuvre la plus ancienne représentant des ouvrières de conserverie au travail, est attribuée à l’un des plus grands maîtres de la peinture danoise Peder Severin Krøyer (1851-1909). Comme le décrit Marianne Mathieu, commissaire de l’exposition monographique consacrée à l’artiste au musée Marmottan Monet au printemps-été 2021 : « Contemporain de Vilhelm Hammershøi (1864-1916), Peder Severin Krøyer est au plein air ce que son contemporain fut à la scène d’intérieur. »

Elève de Frederik Vermehren à l’académie danoise royale des arts de 1861 à 1870, puis de Léon Bonnat à Paris entre 1877 et 1882, Krøyer entame une carrière officielle remarquée de Copenhague à Paris. A partir de 1882, il partage son temps entre la capitale danoise et le village de pêcheur de Skagen où s’est installé depuis 1870 une colonie d’artistes scandinaves attirés par les jeux de lumière singuliers de ce territoire situé à l’extrémité nord du Jutland, aux confins du Danemark. Là-bas, les courants de la mer du nord et de la baltique se rejoignent. Le lieu est réputé pour sa lumière franche et cristalline ainsi que ses journées où le soleil semble ne jamais se coucher à l’approche du solstice d’été (21 juin). Skagen est ainsi l’un des rares lieux où les artistes peuvent contempler et peindre l’apparition de « l’heure bleue », ce phénomène météorologique qui précède le crépuscule et se déploie surtout aux lointains bords de mer septentrionaux.

Si Krøyer est un peintre d’extérieur, il ne se contente pas de reproduire à la perfection les paysages environnants et leurs jeux de lumière. Ses tableaux sont peuplés d’âmes qui vivent, aussi bien de personnalités mondaines oisives que de populations locales laborieuses. L’artiste accorde une égale importance au travail exécuté en plein air et à celui réalisé à l’atelier. Il partage son temps entre une maison qu’il loue à Skagen en été et un appartement à Copenhague pendant l’hiver. Ses formats sont diversifiés, allant des esquisses saisies sur le vif aux dimensions modestes jusqu’aux tableaux monumentaux salués en France où ils furent pour certains présentées au Salon officiel.

Laurits Tuxen, Portrait de Peder Severin Krøyer, 1904, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Budapest
Laurits Tuxen, Portrait de Peder Severin Krøyer, 1904, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Budapest

Le tableau Sardinerie à Concarneau que Krøyer réalise en 1879 est une œuvre de taille moyenne (115,5 cm x 155,5 cm). L’artiste y représente une scène d’intérieur, celle d’une conserverie de transformation du poisson. Représentation réaliste, fidèle au style académique de l’artiste, la scène est détaillée soigneusement. On distingue aisément la célèbre coiffe « penn sardin » des ouvrières, caractérisée par un fin bonnet blanc laissant la plupart du temps apparaitre en transparence les cheveux coiffés en chignon au bas de la nuque et rehaussé élégamment par un ruban blanc. Les autres éléments de la tenue de travail tels que le tablier à bavette et la pèlerine[1] de grosse laine colorée sont également détaillés sur l’ouvrière en avant plan de la composition.

Peder Severin Kroyer, Sardinerie à Concarneau, huile sur toile, 115x155 cm, 1879

L’artiste a poussé son observation jusqu’à dissocier les costumes portés par les différentes ouvrières de cet atelier, entre celles arborant la mode Penn Sardin dont l’aire géographique d’influence s’étend à la fin du XIXe siècle de la presqu’île de Crozon jusqu’au port de Concarneau – et celles arborant la coiffe du Giz Foen portée en pays de l’Aven. Cette dernière se caractérise par de larges bandelettes ailées. En plus des détails textiles soignés de la composition, le maître s’est attaché à retranscrire la pénombre de l’atelier tout en jouant sur les rayons de soleils qui traversent la toiture par endroit pour venir éclairer les ouvrières et les tables remplies de sardines à étêter.

L’Affaire Sardines

Erick Sanka lors d'une représentation de l'Affaire Sardines

Le 10 août prochain, dans le cadre du dispositif d’animation estivale « Les Mercredis, c’est Loctudy ! », la commune aura le plaisir d’accueillir le célèbre fantaisiste professionnel Erik Sanka. Ce dernier viendra interpréter sa pièce de théâtre « L’Affaire Sardines » qui lui a valu la distinction d’Icône des arts de la rue par le magazine Télérama. La représentation se déroulera en bas de la rue du port de 22h00 à 23h00. Voici comment se dernier présente sa pièce sur son site internet :

« Et si « Les Sardines » était une ville chargée d’histoire et Cook, un capitaine de gendarmerie corse ? Le protagoniste de l’affaire prône une justice plus scientifique. À grand renfort de boîtes à sardines et de diapositives, il refait le monde en tout juste 42 minutes chrono. Des sous-marins russes, des princesses qui ne sont pas de Monaco, des preuves par neuf où l’on coupe les cheveux en quatre… Cette ultime conférence dit tout pour que tout soit dit et pour que vous n’ayez plus rien à dire. »

Erick Sanka lors d'une représentation de l'Affaire Sardines

L’Affaire Sardines

Une pièce de théâtre d’Erick Sanka

Compagnie Avec-ou-Sanka

Le mercredi 10 août 2022

De 22h00 à 23h00

En bas de la rue du Port à Loctudy

Accès libre

Un fond archivistique qui s’enrichit

La revue « La sardine du Croisic. Petit poisson, grande histoire », ainsi que la revue éditée en 2004 par l’Institut CGT d’histoire sociale de la Bretagne à l’occasion du 80e anniversaire de la grève des sardinières de Douarnenez, nous ont été remis par une bonatrice Mme Béatrice Verney, présidente de la société des Amis du Croisic. Cette revue a été éditée en septembre dernier, au même moment où le Musée de la conserverie de Loctudy ouvrait officiellement ses portes au grand public. Une exposition sur la thématique de la revue débute justement aujourd’hui à la maison du patrimoine de la ville du Croisic et sera visitable gratuitement les mercredis et dimanches, de 16h à 18h30 jusqu’au 4 septembre 2022.

La revue autour du 80e anniversaire de la grève des sardinières de Douarnenez a été offerte à l’association des Amis de la conserverie de Loctudy par messieurs Robert Salaun, président départemental de l’Institut CGT d’Histoire locale de Bretagne et Gaston Balliot, Loctudyste passionné d’histoire sociale. Cette revue fut éditée dans le cadre du colloque consacré en novembre 2004 au 80e anniversaire de la lutte victorieuse des sardinières de Douarnenez.

Un grand merci à nos généreux-ses donateur/trice.s. Leurs dons serviront à enrichir le fond archivistique du musée.

De la gravure sur boite de conserve

Au cours des mois estivaux de juillet et août, nous aurons le plaisir d’accueillir au musée l’artiste Eddy Dumont. Originaire de Normandie, ce passionné de photographie et d’héliogravure, a emménagé, il y a trois ans de cela, sur la commune de Loctudy avec pour projet d’ouvrir son atelier d’héliogravure et de gravure taille douce. Il découvre l’héliogravure en 2014 auprès de Phillipe Martin, alors enseignant des techniques d’impression à l’école des Beaux-Arts de Rouen. L’artiste est très vite séduit par la complexité de réalisation de cette technique ancienne de reproduction photographique qui lui permet d’appréhender différemment ses prises de vue tant sur le plan des nuances que des textures. Sa recherche de nouvelles matières exploitables l’a conduit à s’essayer à la gravure taille douce. Simple, rapide et à la portée de tous, c’est cette technique que l’artiste propose de faire découvrir aux familles, cet été, dans l’enceinte du Musée de la Conserverie autour d’un atelier d’initiation à la gravure sur couvercle de boites de sardines.

Pour découvrir le travail d’Eddy, rendez-vous sur son compte Facebook @EddyDumontHélioFecltrois ou sur son compte Instagram @atelier.obraz

Atelier d’initiation à la gravure sur boite de conserve de sardines par Eddy Dumont
Public concerné : familles (mixte adultes & enfants à partir de 6 ans)
Durée : 2h00
Nombre de places limité à 8 participants
Tarif : 3€/enfant et 13€/adulte

Un carnet de voyage haut en couleurs

Au cours des mois estivaux de juillet et août, nous aurons le plaisir d’accueillir au musée l’illustratrice Chloé Fraser. Diplômée de l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, l’artiste installée à Pont-l’Abbé, a publié son premier livre jeunesse en 2015. En 2021, elle crée, avec l’ancienne professeure d’arts plastiques Solenne Roy, l’association « La Balade illustrée » qui propose des ateliers artistiques autour de la peinture, de la gravure, des illustrations avec différentes techniques et du monotype pour les enfants à partir de 4 ans, les adolescents et les adultes. L’association propose également des stages artistiques pendant les vacances, ainsi que des sorties croquis en extérieur. C’est sur son thème de prédilection, la « balade illustrée », que l’artiste interviendra cet été auprès du musée pour accompagner les enfants dans la confection d’un petit carnet de voyage autour de leur visite de la conserverie de Loctudy.

Pour découvrir le travail de Chloé Fraser, rendez-vous sur la page Facebook @LABaladeillustree, la page Instagram @labaladeillustree ou le site internet : https://www.labalade.org/labo

Atelier de confection d’un carnet de voyage illustré par Chloé Fraser
Public concerné : enfants de 6 à 11 ans
Durée : 2h00
Nombre de places limité à 8 enfants (sans parent accompagnateur)
Tarif : 3€/enfant